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Rituels Joaquim Besse 3 min de lecture

Infusions d'herbes de montagne : quatre recettes simples

Tilleul, thym serpolet, mélisse, menthe : quatre plantes communes en moyenne montagne, faciles à reconnaître, qui font des infusions douces et utiles.

Les plantes médicinales sont à la mode, ce qui n’arrange pas leur cas. Beaucoup de mélanges du commerce empilent les ingrédients sans cohérence, parfois en quantités si faibles qu’ils n’agissent plus. À l’inverse, quelques plantes simples, bien dosées, suffisent à constituer une étagère utile.

Voici quatre infusions que je prépare pour la maison, à partir de plantes communes en moyenne montagne. Elles ne soignent rien à elles seules. Elles accompagnent une journée, elles installent un rythme.

Le tilleul, pour calmer la soirée

Le tilleul (les fleurs et les bractées) pousse dans presque tous les villages alpins. Récolté en juin, séché à l’ombre, il se conserve un an dans un bocal en verre.

Recette : une cuillère à soupe de fleurs sèches dans 250 millilitres d’eau frémissante (jamais bouillante). Couvrir, laisser infuser huit minutes, filtrer. À boire après le dîner, sans sucre. L’effet apaisant est doux, sans somnolence brutale.

Le tilleul est indiqué pour les soirées agitées, les coups de stress du soir, et les périodes de transition saisonnière. Évitez d’en prendre toute l’année sans interruption : alternez avec d’autres plantes.

Le thym serpolet, pour la gorge

Le serpolet est une variété de thym sauvage qui pousse en touffes basses sur les pelouses sèches d’altitude. Plus parfumé que le thym de jardin, plus discret en bouche. On le récolte en pleine floraison, généralement en juillet sur les versants ensoleillés.

Recette : une cuillère à café de feuilles et fleurs dans 250 millilitres d’eau bouillie, laisser infuser cinq minutes. Filtrer. On peut ajouter une cuillère à café de miel de montagne et un trait de jus de citron.

Cette infusion soutient la gorge en début d’enrouement, accompagne les fins de rhume, et aide à la digestion d’un repas un peu lourd. Elle se boit indifféremment chaude ou tiède.

La mélisse, pour la digestion

La mélisse se cultive au jardin sans difficulté, et se naturalise volontiers en lisière. Ses feuilles dégagent une odeur de citron mêlée de menthe quand on les froisse.

Recette : trois ou quatre feuilles fraîches (ou une cuillère à soupe de feuilles sèches) dans 250 millilitres d’eau frémissante. Laisser six minutes, filtrer.

À boire après les repas, quand la digestion traîne. La mélisse a aussi un léger effet sur l’humeur : elle convient aux périodes de surcharge mentale, où l’on a du mal à “couper” en fin de journée. Sans excès : elle peut devenir somnifère à très haute dose.

La menthe poivrée, pour le matin

La menthe poivrée est plus piquante que la menthe verte. Elle se reconnaît à ses tiges légèrement pourpres et à son parfum très net. On la cultive facilement, mais elle envahit le jardin si on ne la cantonne pas.

Recette : trois feuilles fraîches dans 200 millilitres d’eau bouillie, laisser quatre minutes seulement (au-delà, la menthe devient amère). Filtrer.

C’est une infusion vivifiante, qui réveille sans énerver. Bonne pour le matin, pour une fin d’après-midi qui s’étire, ou pour calmer une nausée de transport. Évitez le soir : elle peut tenir éveillé.

Quelques règles communes

L’eau ne bout pas pour les fleurs (tilleul, mélisse) : elle frémit. Pour les feuilles plus robustes (thym, menthe), elle peut bouillir et redescendre une minute avant infusion.

La théière doit être propre, sans résidus d’autres infusions précédentes. Le métal nu réagit avec certains tanins : préférez la porcelaine ou le verre épais.

Une infusion tient deux heures sans perdre ses qualités. Au-delà, elle s’oxyde. Mieux vaut en préparer une nouvelle plutôt que la réchauffer.

Ces quatre plantes couvrent l’essentiel des besoins quotidiens. Avec elles seules, on installe une routine simple, sans dépendance, et l’on apprend à connaître ce que chaque infusion fait vraiment dans le corps.

Mots-clés

  • plantes
  • infusions
  • herboristerie
  • soir

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