Aménager un coin lecture qui respire la montagne
Quelques mètres carrés bien pensés suffisent. Lumière naturelle, fauteuil profond, matières chaudes : un coin lecture qui prend du temps à s'asseoir vraiment.
Un coin lecture n’est pas un meuble, c’est une habitude. On en mesure la qualité au temps qu’on y passe sans s’en rendre compte. La règle est simple : si l’on s’y assoit pour cinq minutes et que l’on se relève deux heures plus tard, le coin est réussi.
Je détaille ici quelques choix qui marchent, observés dans des intérieurs de chalets et adaptés à des appartements en ville.
Choisir l’emplacement avant le mobilier
Avant d’acheter quoi que ce soit, regardez votre pièce à différentes heures. Repérez l’endroit où la lumière naturelle se pose le matin, et celui qui reste éclairé en fin d’après-midi. Idéalement, le coin lecture profite des deux, ou au moins d’un des deux.
Évitez les passages. Un fauteuil entre la cuisine et le couloir est sans cesse contourné. Privilégiez un angle, le bout d’une bibliothèque, une alcôve sous escalier. Le sentiment d’enveloppement compte autant que le confort du siège.
Le fauteuil, juste un peu plus profond
Un bon fauteuil de lecture n’est pas un canapé miniature. Il est plus profond qu’un siège de salle à manger, plus enveloppant qu’une chaise de bureau, mais reste assez ferme pour qu’on s’y tienne. Les fauteuils trop mous fatiguent le dos après vingt minutes.
Cuir patiné ou laine épaisse fonctionnent tous les deux. Le premier vieillit en se marquant, la seconde absorbe la chaleur d’une chambre froide. Pour un appartement chauffé, le tissu reste plus agréable au contact.
Comptez un repose-pieds, ou au moins un tabouret bas qui permette de poser les jambes. Sans cela, on ne s’installe pas vraiment.
Lumière artificielle : chaude et latérale
La lampe se choisit en fonction de l’orientation de la lecture. Pour un droitier, on la place à gauche, pour qu’elle n’ombre pas la page. Une ampoule chaude (autour de 2700 kelvins) repose les yeux mieux qu’une lumière froide. Évitez les éclairages d’appoint trop puissants : ils font ressortir les contrastes du papier et fatiguent.
Une lampe articulée à pied haut, posée derrière le fauteuil, donne un faisceau orientable sans prendre de place sur une table d’appoint.
Une petite table, à hauteur d’accoudoir
Il faut pouvoir poser un livre, un thé, une paire de lunettes. Pas plus. Une petite table d’appoint en bois brut, ronde de préférence pour éviter les angles, suffit. Sa hauteur doit affleurer l’accoudoir : on tend la main sans regarder, on retrouve son thé.
Les bouts de table en métal sont stables mais froids au toucher. Si vous y posez une tasse chaude, glissez en dessous un dessous de verre en feutre.
Plaid, coussin, tapis
Un plaid de laine plié sur l’accoudoir signale que l’endroit est conçu pour y rester. Les laines de race rustique (mérinos, mais aussi laines de races françaises locales) tiennent bien la chaleur sans gratter. Le pied posé sur un tapis épais, plutôt qu’un sol froid, change l’expérience entière.
Un coussin lombaire vaut mieux qu’une pile de coussins décoratifs. Trois oreillers à déplacer pour s’asseoir découragent.
Ce qu’il vaut mieux éviter
L’écran proche, qu’il soit télévision ou ordinateur. Le coin lecture ne fonctionne pas comme un poste de travail. Les piles de livres au sol qu’on enjambe à chaque passage. Et les rangements bas qui obligent à se baisser pour attraper un volume : préférez des étagères à hauteur de bras, juste à côté du fauteuil.
Avec ces choix, le coin se construit lentement. Au bout d’un mois, on s’y assoit sans réfléchir. Au bout d’un an, on ne comprend plus comment on a vécu sans.