Textiles de laine : tapis, plaids et coussins pour l'hiver
La laine n'est pas un seul matériau. Suivant la race, le tissage et la finition, elle change de toucher, de chaleur, de tenue dans le temps.
L’expression “laine” englobe des matières très différentes. La laine de mérinos australien que l’on trouve dans un pull industriel n’a presque rien à voir avec la laine d’une race rustique pyrénéenne. Pour s’équiper en textiles d’intérieur, comprendre cette différence change tout : le rendu visuel, la tenue dans le temps, et le confort réel.
Laines fines, laines rustiques
Les laines fines (mérinos, alpaga) sont douces, légères, agréables au contact direct de la peau. Elles conviennent aux écharpes, aux pulls, aux plaids de canapé. Leurs fibres courtes les rendent toutefois plus fragiles à long terme : elles boulochent, se feutrent au lavage mal géré, se trouent.
Les laines rustiques (race solognote, manech, racka, mais aussi quelques races alpines régionales) sont plus rêches, plus brutes. Elles ne se portent pas à même la peau. En revanche, elles vivent longtemps. Un tapis de laine rustique tient quarante ans. Un plaid bien tissé se transmet sans problème.
Pour des usages d’intérieur où le textile est visible, foulé, ou utilisé comme couverture par-dessus d’autres tissus, les laines rustiques sont presque toujours le bon choix.
Tapis : épais et tissé serré
Un tapis de laine se choisit d’abord à la main. On l’écarte, on regarde la trame, on évalue la densité. Un tapis trop lâche s’aplatit en six mois. Un tapis dense garde sa structure dix ans, même dans une zone de passage.
Les tissages plats (kilim) conviennent aux pièces de vie : faciles à secouer, à aspirer, à laver sur place avec une éponge. Les tissages à poils (berbère, scandinave) apportent du moelleux sous le pied mais demandent un entretien plus suivi : aspirateur faible puissance, brossage léger une fois par mois pour redresser les fibres.
Pour une chambre, choisissez un tapis d’au moins deux centimètres au sol. Pour un salon, un tapis de bonne dimension qui dépasse sous le canapé donne plus de cohérence visuelle qu’un petit tapis isolé au centre.
Plaids : le grammage compte
Le grammage d’un plaid se mesure en grammes par mètre carré. En dessous de 400 g/m², un plaid est léger, joli à regarder, mais ne réchauffe pas vraiment. Entre 500 et 700 g/m², on entre dans la matière qui tient : on s’en couvre, on s’y enroule, on n’a plus envie de s’en passer.
La taille minimale pour un plaid utilisé sur le canapé est 130 par 180 centimètres. En dessous, il glisse sans cesse. Au-dessus, il devient une couverture, ce qui n’est pas un défaut.
Pour un usage en alternance canapé / lit d’appoint, prévoyez 150 par 200 centimètres minimum.
Coussins : peu, mais bien
Une erreur courante consiste à empiler les coussins. Six coussins sur un canapé deviennent des objets à déplacer, jamais des objets à utiliser. Trois coussins bien choisis suffisent : un en laine épaisse pour le dossier, un en lin lavé pour l’appoint, un coussin lombaire ferme pour soutenir le bas du dos.
Préférez des housses en matières naturelles, lavables séparément. Le rembourrage en plumes ou en duvet vieillit mieux que la mousse synthétique, qui s’écrase en deux ans.
Comment laver, comment ranger
La laine ne se lave que rarement. Aérée à l’air libre une journée, elle se rafraîchit. En cas de tache, traiter localement à l’eau froide et au savon doux. Pour un lavage complet, programme spécial laine, eau froide, sans essorage. Sécher à plat sur une serviette, jamais suspendu.
En été, plier les plaids et les ranger dans une housse en coton, avec un sachet de copeaux de cèdre. Cela suffit à éloigner les mites sans recourir à la naphtaline.
Investir dans deux ou trois pièces sérieuses, plutôt que dix bon marché, est presque toujours le meilleur choix. La laine bien faite coûte cher au mètre, mais s’amortit sur vingt ans, parfois plus.