Aller au contenu
Idelveis carnet montagnard
Menu Menu
Villages Zélie Rolland 4 min de lecture

Trois hameaux du Val d'Aoste à découvrir en basse saison

Hors des files de voitures et des stations de ski, trois petits bourgs valdôtains se visitent l'automne. Pierres anciennes, épiceries ouvertes, silence.

Le Val d’Aoste se traverse plus qu’il ne se visite. Les voitures descendent la vallée principale, les touristes remontent vers les cols, et les hameaux perchés entre les deux voient passer beaucoup de monde sans qu’on s’y arrête. En basse saison, ils redeviennent ce qu’ils sont : des lieux habités, au rythme lent, faits pour être regardés à pied.

Je propose trois noms. Ils ne sont pas secrets, mais se parcourent bien en automne ou au début du printemps, quand les logements touristiques sont fermés et que les habitants reprennent leurs rues.

Étroubles, l’entrée modeste

Étroubles est le premier bourg après le col du Grand-Saint-Bernard. La plupart des voitures filent dessous, par la route. Pour l’apercevoir, il faut sortir de la nationale et rouler deux minutes. Le centre se visite en vingt minutes, à pied, sur des pavés.

Ce que l’on vient y voir : un lavoir encore en eau, deux ruisseaux canalisés qui traversent le village, et une série de sculptures contemporaines posées aux angles des rues. L’ensemble, étonnamment, fonctionne. L’art moderne n’écrase pas la pierre ancienne, il la commente.

L’épicerie-boulangerie ouvre tôt. On y achète du pain de seigle, du fromage de Valpelline, et parfois de la viande séchée coupée à la demande. Prévoir de la monnaie, et quelques mots d’italien polis.

Rhêmes-Saint-Georges, au fond d’une vallée latérale

La vallée de Rhêmes part à l’ouest d’Aoste et s’enfonce jusqu’à la frontière. Rhêmes-Saint-Georges est le premier village habité toute l’année. On y arrive par une route en corniche, modeste mais jamais encombrée.

Le hameau se compose de maisons basses, aux toits en lauzes lourdes, et d’une église trapue bâtie sur un promontoire. Les façades sont peu ornées : quelques linteaux de bois sculpté, des dates gravées dans le granit au-dessus des portes (1743, 1806, 1872), un unique balcon de pin à balustres.

L’été, le parc national du Grand-Paradis attire les marcheurs. Hors saison, on croise surtout des éleveurs. La librairie-café qui tient lieu de point d’information ne rouvre qu’en mai, mais le restaurant communal sert des ravioles de pomme de terre du lundi au vendredi.

Perloz, perchée au-dessus du Lys

Perloz est plus excentrée. Il faut remonter depuis Pont-Saint-Martin par une série de virages serrés. Le village est dispersé en plusieurs hameaux, reliés par des chemins muletiers qui servent encore.

Le bourg central, Maisons, garde un bâti Walser impressionnant : charpentes imbriquées, façades bardées de mélèze, galeries à claire-voie qui servaient à sécher le foin. Ce n’est pas un village reconstitué. Les maisons sont habitées, parfois modernisées à l’intérieur, toujours conservées en façade.

La promenade la plus simple relie Maisons à Tour d’Hèreraz, une ancienne tour de garde sur un verrou rocheux. Elle prend une heure, demande un peu de souffle, et donne une vue complète sur la vallée du Lys.

Comment visiter sans déranger

Trois règles suffisent. On marche lentement. On parle à voix basse dans les rues, comme dans un cloître. On ne photographie pas les fenêtres ouvertes.

Pour le reste, on s’installe sur un banc, on mange un sandwich acheté à l’épicerie, on écoute. Ces villages n’ont pas été aménagés pour la visite : ils se prêtent à la présence discrète. C’est ce qui les rend précieux.

Mots-clés

  • Val d'Aoste
  • villages
  • architecture
  • voyage

À lire ensuite

  • Villages

    La pierre sèche, signature des villages alpins

    Murets de soutènement, terrasses, abris de berger : la pierre sèche structure encore le paysage de montagne. Une technique sans liant, mais pas sans règles.

    Zélie Rolland3 min
  • Intérieurs

    Aménager un coin lecture qui respire la montagne

    Quelques mètres carrés bien pensés suffisent. Lumière naturelle, fauteuil profond, matières chaudes : un coin lecture qui prend du temps à s'asseoir vraiment.